CGX SYSTEM – La Brève Technique n°7- Objets connectés
Tout comprendre aux Objets Connectés (IoT)
“Long time no see ”, comme disent les Anglais ! Voilà longtemps que nous n’avions pas pris la plume pour évoquer un sujet qui traverse toutes nos pratiques, professionnelles comme personnelles : les objets connectés.
Nous en utilisons tous. Ils sont plus ou moins complexes, plus ou moins discrets, plus ou moins intégrés à des technologies plus massives ou, au contraire, atomiques, au sens où ils ne servent qu’à un but. Mais que sont-ils exactement ? Explorons la question.
Des objets qui parlent
Depuis deux à trois décennies on parle de plus en plus d’objets connectés. On rencontre souvent l’acronyme IoT, pour Internet of Things, traduit en français par » Internet des objets ».
De quoi parle-t-on ? Simplement d’objets plus ou moins usuels dotés de capacités de communication. Autrement dit, des objets capables de produire et de transmettre, voire d’échanger de la donnée avec d’autres. Les destinataires peuvent être variés : il s’agit généralement de serveurs ou d’autres objets, dans le cadre d’un réseau d’appareils.
Comme votre téléphone, ces objets ont un émetteur de radiofréquences et éventuellement un récepteur, s’ils sont pilotables à distance. Les deux – émetteur et récepteur – sont connectés à une antenne. Selon le ou les systèmes de communication proposés par l’objet, les ondes utilisées sont plus ou moins longues, avec une capacité variable à traverser les obstacles. Les processus d’encodage de l’information – par modulation de phase et/ou de fréquence – diffèrent aussi et l’on obtient des protocoles que vous connaissez bien : Wi-Fi, Bluetooth, 4G, 5G ou encore des communications radio utilisant les bandes UHF. Ces appareils communicants sont présents dans notre quotidien, mais aussi, depuis longtemps, dans l’industrie, où ils prennent souvent la forme de dispositifs de contrôle associés à des capteurs.

Quelles informations échangent-ils, et dans quel but ?
Mais que communiquent-ils ? Bien souvent des données relatives aux senseurs internes qu’ils embarquent : température, vitesse du vent, durée et état de fonctionnement, etc. Un même objet peut intégrer plusieurs capteurs, et la miniaturisation permet aujourd’hui de concevoir des appareils offrant de multiples fonctionnalités.
Très bien ! Mais pour quoi faire ?
Le premier objectif est de connaître une situation, de disposer d’informations suffisantes pour l’analyser et prendre des décisions si nécessaire.
Les buts sont variés :
- Superviser le fonctionnement de l’objet lui-même : détecter un dysfonctionnement, déclencher une alerte ou activer certaines fonctionnalités.
- Informer l’utilisateur sur son utilisation : heures de fonctionnement, quantités produites, consommation, etc.
- Fournir des informations sur l’environnement de l’objet : comme si l’humain projetait ses sens au loin, grâce à des caméras, des capteurs de température ou d’humidité, par exemple.
Big Data, IoT et IA
La multiplication de ces objets et des données qu’ils génèrent soulève plusieurs questions.
La première concerne le stockage.
L’humain capte des informations par ses cinq sens à chaque instant. Il n’en mémorise qu’une infime partie, prisonnier du temps présent. Sa mémoire grave et reconstruit des souvenirs, en activant un réseau de neurones précis en 3D, certes.
Mais il ne faut pas nous demander quelle température il faisait tous les lundis de l’année dernière, à midi, en un lieu précis!
Les serveurs qui stockent les données météorologiques, eux, peuvent retenir cette information !
Mais nos capacités de stockages sont tributaires de nos capacités techniques. Aujourd’hui le SSD NVMe, les techniques de compression et les infrastructures informatiques permettent de stocker des volumes considérables de données.
Les centres de données, ou « data centers » fleurissent avec un impact sur l’environnement non négligeable. Ils stockent tout ce que nos sociétés produisent, des données utiles comme des données “inutiles” souvent dédiées à nos divertissements.
La deuxième question concerne le traitement de ces données.
À l’ère du Big Data, autrement dit des données massives, il ne suffit plus de collecter et de stocker l’information : encore faut-il pouvoir la traiter, l’exploiter et en extraire des résultats pertinents.
Il est devenu facile de générer de l’information, mais son analyse peut rapidement devenir complexe lorsque les volumes sont importants.
Sur ce point, l’humain est outillé pour cette tâche grâce à ses capacités cognitives et d’abstraction. Mais il manque de temps si les volumes sont importants. Et c’est là que l’intelligence artificielle – l’IA – fait son apparition. Comme un remède à ces pétaoctets de données (un péta vaut 1 million de nos gigaoctets) qu’il faut lister, synthétiser, croiser, corréler.
Un troisième outil prend ainsi de l’ampleur : l’intelligence artificielle générative. Elle peut tenir une conversation, créer des images, prodiguer des conseils, synthétiser et analyser de l’information, fabriquer et concevoir de la logique, des applications entières. Les robots et les automates pouvaient déjà faire craindre le remplacement de l’humain dans des tâches nécessitant de la force physique, de la constance ou de la dextérité. Associée aux automates, l’IA pourrait également transformer des métiers dans lesquels l’intervention humaine était jusqu’ici considérée comme essentielle : expertise juridique, comptabilité, administration, conception graphique et logicielle, rédaction, etc.

La donnée induit un contrat : mesurer l’impact de nos décisions et piloter n’est pas une option
La place de l’humain et le sens de son existence sont ainsi questionnés par cette révolution technique. Mais ne nous responsabilise-t-elle pas également ?
Comme tout outil utilisé au fil de son histoire — du silex à l’épée, en passant par l’animal domestiqué ou l’ordinateur —, la technologie nous donne de nouveaux moyens d’agir. Elle nous impose aussi de réfléchir à la manière dont nous les utilisons.
Aujourd’hui, alors que son emprise sur l’environnement n’a pas jamais été aussi étendue, l’humain a la possibilité de mesurer l’impact de son activité, de ses choix. Nous pouvons mieux prévenir certains dangers, notamment ceux liés au changement climatique, optimiser nos processus, éviter le gaspillage des ressources et définir des stratégies plus pertinentes.
Si les évolutions techniques que nous connaissons sont vertigineuses, elles ouvrent aussi de nouvelles perspectives. Dans ce contexte, l’humain doit préserver un domaine essentiel : celui de la décision et de la responsabilité qui l’accompagne.
Car l’intelligence artificielle – ou ce que l’on désigne ainsi – pourra-t-elle également nous remplacer sur ce terrain ? Quels risques fait-elle peser sur nos organisations ? Quelles perspectives et moyens nouveaux ouvre-t-elle ?
Nous évoquerons ces sujets dans la prochaine brève technique !


